Sainte Russie, l’Art Russe des origines à Pierre le grand

Huit siècles séparent les premiers Rou’s connus, au début du IXe siècle, de Pierre Ier le grand, le Tsar réformateur. Le Louvre retrace cette histoire…
Sur la route commerciale entre Constantinople et la Scandinavie, le vaste territoire des Rou’s, s’étend entre la mer Baltique, la mer Noire et la mer Caspienne. Fin politique ou  touché par la grace, le prince païen de Kiev, Vladimir, se fait baptiser avec son peuple, en 988, selon les rites byzantins. Les premières icones, venues de Constantinople, donnent, au fil des siècles, naissance à plusieurs écoles : aplats rouges et blancs, lignes stylisées à Novgorod, canons byzantins à Tver, œuvres graciles et maniéristes des ateliers Stroganov. Ornées d’argent et de joyaux, elles sont vénérées par les fidèles et le signe de la « présence réelle », autant que l’Eucharistie pour les catholiques. Il faut attendre le XVIIe siècle pour que le portrait naturaliste se généralise et livre les visages massifs des patriarches et des autocrates.


Les œuvres présentées montrent la richesse de cette culture qui mêle influences slave, grecque et occidentale. Broderies précieuses, bois sculptés, enluminures, orfèvrerie, émaux, pièces monumentales ou modeste message sur écorce de bouleau, racontent l’épopée des Rou’s. Peintures et grimoires, avec autant de force que le cinéma d’Eisenstein, évoquent l’invasion mongole de Gengis Khan et son royaume de la Horde d’or, Alexandre Nevski et la bataille héroïque contre les chevaliers teutoniques sur le lac Peïpous gelé, Yvan le terrible et ses crimes... Au fil des siècles, Kiev, Novgorod, puis Moscou : « la Troisième Rome », sont le siège du pouvoir qui a conservé l’héritage byzantin. L’élection au trône des Romanov au début du XVIIe, initie un processus d’occidentalisation de la Russie. Lorsque Pierre Ier pose la première pierre de Saint Petersburg le 16 mai 1706, il marque l’entrée de la Russie dans l’ère moderne.
Dix-sept musées russes dont le Kremlin, la Galerie Tretiakov et le Musée historique de Moscou, les musées de Vladimir, de Souzdal et de Veliki Novgorod, ainsi que quatre bibliothèques et un centre d’archives ont prêté leurs trésors dans le cadre de l’année France Russie 2010.
Du 5 mars au 24 mai au Louvre