Début 1812 Napoléon était heureux, il était fier de ses alliances avec l’Autriche et la Prusse, Marie-Louise lui avait donné un héritier, il décida d’organiser deux bals : un bal paré et un bal masqué. Les princesses étaient invitées à faire deux quadrilles. Caroline et Pauline, sœurs de l’empereur, choisirent le bal paré. Hortense, reine de Hollande, se vit attribuer le bal masqué.
L’affaire était d’importance : il fallait réunir une troupe de jolies femmes et de bons danseurs parmi les courtisans des Tuileries, régler chorégraphie, costumes et décors et surtout choisir le bon thème. Caroline, reine de Naples et Pauline, princesse romaine, toutes deux tantes du petit Roi de Rome, décidèrent de représenter une allégorie sur la réunion de Rome à la France et Hortense, plus fine courtisane, un thème neutre et exotique : le bal des Incas.
Le premier bal eut lieu dans le théâtre des Tuileries. L’empereur, assis sur une estrade entre Marie-Louise et Hortense, eut la surprise de retrouver ses chambellans et ses écuyers, costumés en Zéphyrs et en Apollon, parmi la troupe des Naïades du Tibre tandis que les princesses, casquées d’or, se donnaient l’accolade. Elles auraient du apporter leurs boucliers de diamant aux tuileries le lendemain pour affronter l’humeur de Napoléon «Rome est soumise à la France mais n’en est pas contente… flatterie ridicule… mettre la politique en danse quelle idée !.. »



Fils d’un photographe portraitiste parisien, Willy Ronis est mort l’année dernière à 99 ans. Depuis les belles journées du Front populaire, il aura parcouru son temps, protégé par l'appareil photo, enivré par le déclic, son œil magique métamorphosant les bidonvilles en châteaux, les ouvrières en princesses, les vieux joueurs de pétanque en danseurs mondains et les cours de Belleville en jardins enchantés…
La campagne de Russie a beaucoup inspiré les écrivains. Georges Sand a évoqué dans Histoire de ma vie l’effarement des français devant la disparition de cette immense armée jamais vaincue. Balzac, dans l’Adieu et le Médecin de campagne, raconte la retraite de Russie, la pagaille du butin, les femmes et les enfants qui suivent en désordre les troupes françaises et le piège de la Bérézina.
Lorsqu’en 1907 Marcel Proust découvre les Mémoires de la comtesse de Boigne, il s’enthousiasme pour cette grande dame à la plume ciselée et caustique qui, de 1781 à 1866, a traversé toutes les péripéties du XIXe et onze régimes. Fille de diplomate, maîtresse de ministre, elle a connu personnellement tous les acteurs de cette période. Personne ne raconte avec autant de sobriété et de réalisme qu’elle l’entourage de Marie-Antoinette et des filles de Louis XV, les dernières années de la cour, les Français de l’émigration en Italie ou en Angleterre, Paris sous l’Empire et la Restauration, la monarchie de Juillet…
Isabelle Rouge-Ducos, chartiste et spécialiste de l’Arc de Triomphe, présentait François Rude à la conférence de la Bibliothèque Marmottan du 14 avril dernier. Exemple idéal de la réussite par le labeur et parangon de l’artiste bonapartiste, bon républicain et bon patriote, la conférence replaçait Rude dans les perspectives politiques de Louis Philippe.
En 1867, Richard Wallace, le plus célèbre collectionneur et philanthrope anglais de Paris, acquit, Le petit parc de Fragonard, lors de la succession de la comtesse Koucheleff. Aujourd’hui à la Wallace collection de Londres, cette petite huile sur toile représente, sur deux registres, une scène populaire à l’éclairage théâtral, et une perspective aristocratique lumineuse. Trois paysans, un couple et un jardinier, sont mis en scène devant la statue d’une femme gardée par des lions dans un grand parc abandonné…
Le Versailles sanctuaire d’aujourd’hui est bien différent de celui d’autrefois qui abritait plus de mille courtisans et une multitude de laquais, gardes, servantes, jardiniers, officiers, tournes broches et autres garçons frotteurs. William Ritchey Newton fait revivre les petits riens qui font toute la vie et l'aventure du quotidien : eau, éclairage ou chauffage.
Huit siècles séparent les premiers Rou’s connus, au début du IXe siècle, de Pierre Ier le grand, le Tsar réformateur. Le Louvre retrace cette histoire…
Tout amateur d’art décoratif connaît le nom d’Androuet du Cerceau, ses recueils d’ornements et de grotesques se sont transmis de générations en générations dans les ateliers d’orfèvres, d’ébénistes ou de sculpteurs. Copiés à outrance au XIXe siècle, les chercheurs se consacrent aujourd’hui à retrouver dans les inventaires de collection, les châteaux, sur les meubles, les émaux ou les faïences, les décors originaux de cet artiste protestant et humaniste.
Soyez le petit frère de Napoléon Bonaparte, soyez potache, querelleur et flambeur. Allez vous calmer dans la marine, désertez, mariez-vous sans l'accord de votre grand-frère avec une belle et riche américaine... et vous avez toutes les chances de vous retrouver, à 25 ans, roi de Westphalie, petit état découpé dans les restes de la Prusse après la paix de Tilsitt. Les "Débuts" de Jérôme Bonaparte, le plus jeune frère de l'empereur, faisaient l'objet de la dernière Conférence de la bibliothèque Marmottan, présentée par Jacques-Olivier Boudon, professeur d’Histoire de la Révolution et du Premier Empire à l’université de Paris-Sorbonne.